Conférence-midi 30 : Les habitations collectives pour femmes au Canada : une option féministe intersectionnelle pour le logement

Résumé

Dans un contexte de crise du logement, ma thèse examine les habitations collectives pour femmes au Canada. Les coopératives, les organisations à but non lucratif (OBNL) et d’autres formes d’habitat collectif offrent différentes façons de vivre ensemble, de partager des espaces et d’organiser la vie en communauté. Cependant, comment ces configurations résidentielles sont-elles perçues et vécues par les résidentes ? Ma recherche explore comment l’environnement bâti, les pratiques quotidiennes et la gouvernance influencent les expériences de sécurité, d’appartenance, de care et d’agentivité. Je considère ces projets comme des espaces à la fois physiques, sociaux et politiques, en reconnaissant que l’habitat collectif ne peut être compris uniquement à travers sa conception architecturale ou sa gestion. L’aménagement des espaces communs et privés, les méthodes de gestion et les interactions entre les résidentes influencent l’expérience d’habiter. Cette approche permet d’interroger les possibilités et les limites de ces projets, ainsi que les conditions favorisant leur développement et leur pérennité. Cette perspective s’aligne sur les recherches qui encouragent l’étude simultanée des dimensions architecturales, organisationnelles et sociales de l’habitat collectif (Griffith et coll., 2024). Je considère également le care comme un travail quotidien essentiel à la construction et au maintien de la vie collective, dont la répartition demeure traversée par des rapports de genre (Arrigoitia et al., 2023 ; Morrow & Parker, 2020).
Ma recherche, qui s’appuie sur une démarche qualitative, féministe et située, compare plusieurs cas canadiens dans cinq provinces. Je combine l’analyse spatiale, l’analyse documentaire et le photovoix pour examiner les relations entre les caractéristiques architecturales et organisationnelles des projets et les expériences vécues par les résidentes.

Conférencière

Raquel Fernandez poursuit un doctorat interdisciplinaire en aménagement à l’Université de Montréal. Ses travaux de recherche se concentrent sur les habitations collectives pour femmes au Canada et explorent comment ces habitations peuvent transformer les relations entre le logement, le genre et l’environnement
bâti. Elle s’intéresse particulièrement à la sécurité, au sentiment d’appartenance, à l’agentivité et à la justice spatiale dans l’environnement bâti. Sa démarche adopte une perspective féministe et intersectionnelle, et privilégie des approches qualitatives et participatives qui accordent une place importante aux expériences et aux savoirs des personnes concernées. Avant ses études, elle a dirigé pendant plus de quinze ans une entreprise de construction et d’immobilier, accumulant une expérience approfondie en gestion de projet et en réhabilitation de bâtiments. Elle a décidé de reprendre ses études pour approfondir sa réflexion sur l’impact genré de l’environnement bâti sur nos parcours de vie. Elle est également chargée de cours à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal et a reçu plusieurs bourses et distinctions, dont la Bourse de la montagne. Ses activités de recherche et d’enseignement s’inscrivent dans une réflexion élargie sur les pratiques d’aménagement féministes, participatives et socialement engagées.