Valoriser les marqueurs de la diversité : récits de femmes, justice sociale et décolonisation des savoirs
🗓️ 25 février 2026 ; ⏱️ 12h-13h ; 📍En ligne, inscription : https://umontreal.zoom.us/meeting/register/relXXIIwQZ6blx2LA3wRwQ
Pour sa deuxième conférence hors série, le CRI-JaDE a le plaisir d’accueillir Amy Kébé Mané, maîtresse de conférence à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Résumé
Cette conférence interroge la manière dont les récits de femmes – qu’ils prennent la forme de témoignages, de recherches narratives ou d’œuvres littéraires – deviennent des espaces de reconnaissance, de mémoire et de légitimation des différences.
En valorisant les marqueurs de la diversité tels que le sexe, le genre, la classe, la race, la culture, la langue, la religion ou la migration, ces récits remettent en cause les hiérarchies de savoir héritées du colonialisme et des patriarcats. Ils participent ainsi à une justice sociale et épistémique en donnant voix à des expériences situées longtemps marginalisées.
Ancrée dans les perspectives féministes transnationales, postcoloniales et décoloniales, la conférence met en lumière la puissance politique du récit comme acte de résistance et de reconfiguration du savoir.
En contextualisant la réflexion depuis le Sénégal et plus largement l’espace africain, elle invite à penser la diversité non comme une simple différence, mais comme une ressource critique et transformatrice, capable de renouveler les pratiques académiques et sociales.
À travers l’analyse de récits de femmes issus de divers contextes culturels, cette rencontre entend ouvrir un espace de dialogue entre le Nord et le Sud, entre savoirs institutionnels et savoirs vécus, et contribuer à la décolonisation des imaginaires et des épistémologies.
La conférencière
Dr Amy Kébé Mané est Maîtresse de Conférences Titulaire au Département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et chercheure affiliée au Laboratoire d’Anthropologie Culturelle (LAC-IFAN). Spécialiste en Genre et Gouvernance Inclusive, elle inscrit ses travaux dans une approche interdisciplinaire croisant études postcoloniales, féminismes transnationaux et théories décoloniales. Ses recherches interrogent les articulations entre savoirs, pouvoir et justice sociale, en mettant en lumière la manière dont les récits de femmes et les politiques publiques participent à la reconfiguration des hiérarchies de genre, de race et de classe. Elle prépare un ouvrage intitulé Callyphygia and the Afterlives of Slavery: Black Women’s Bodies as Sites of Desire, Memory, and Resistance, qui explore les représentations du corps féminin noir dans les littératures afro-diasporiques et les mémoires de l’esclavage. Ses publications portent également sur la gouvernance inclusive, les politiques énergétiques sensibles au genre et l’entrepreneuriat féminin en Afrique : elles examinent les rapports entre transition écologique, justice climatique et équité sociale.
Ses travaux, à la croisée de la théorie critique, de l’anthropologie culturelle et de l’analyse des politiques publiques, visent à promouvoir une justice épistémique et sociale en rendant visibles les savoirs situés et les résistances féminines dans les espaces académiques, culturels et institutionnels.